InfoSPTSSS juin 2020

1. Mot de la présidente: les syndicats ont fait reculer l’employeur pour préserver nos vacances!

L’employeur nous a présenté un tableau catastrophique de la situation dans les CHSLD. Il avait l’intention ferme de limiter les vacances à deux semaines pour la majorité des employés de la catégorie 4 et les arrêtés ministériels lui donnaient entièrement le droit de procéder ainsi. Votre syndicat s’est bien sûr montré sensible aux soins à donner à nos aînés, mais notre position était que nos membres avaient droit à leurs vacances et qu’il fallait évaluer toutes les options avant de les limiter. Les syndicats ont uni leur force pour négocier avec l’employeur et n’ont pas lésiné à sortir dans les médias (au point 3 ci-dessous, nous vous présenterons celles associées au SPTSSS). Il fallait agir rapidement et au final, nous avons échappé au pire. L’employeur nous a annoncé qu’il respecterait intégralement les vacances qui avaient préalablement été autorisées. On commencera par faire appel au volontariat, l’employeur utilisera les outils à sa disposition pour aller chercher les ressources pour combler les quarts de fin de semaine, il vous permettra avec entente de reporter le congé annuel ou vous le faire monnayer avantageusement (taux simple pour la 3e semaine et taux et demi pour la 4e et la 5e semaine) et enfin, nous continuerons de recevoir les primes pour travailler dans les CHSLD. Tout n’est pas rose. Il demeure des sacrifices à faire. Nous sommes sensibles à tous les efforts consentis par nos membres. Vos représentants syndicaux contribuent également, l’employeur annulant des libérations syndicales pour rediriger cette main-d’oeuvre vers les secteurs en besoin.

Au SPTSSS, nous connaissons l’importance que vous accordez à la question des vacances. Nous sommes d’ailleurs conscients que le besoin de repos est très important cette année. Nous sommes fiers d’avoir fait reculer l’employeur et nous demandons que soient reconnus à leur juste valeur les efforts considérables - passés et à venir - des membres de la catégorie 4 pendant cette pandémie.

2) Pourquoi la situation est-elle préoccupante dans les CHSLD?

(photo ci-contre: le Devoir, 23 mai 2020)

Depuis le début de la pandémie, le manque de personnel pour donner les soins à nos aînés a fait régulièrement les manchettes. À la pénurie des préposés aux bénéficiaires qui prévalait avant la pandémie s’est ajoutée l’importante pression exercée par la COVID-19. Au CIUSSS-CN, l’employeur nous indique qu’il y a environ deux éclosions par semaine et lorsque l’une d’elles est majeure, on peut soudainement avoir entre 50 et 75 personnes à remplacer. Pour palier, en plus des embauches, il y a eu des fermetures de services avec réaffectation du personnel, appel au volontariat, offre de disponibilités les soirs et la fin de semaine en temps supplémentaire et, malheureusement, délestage. Alors que nous étions arrivés à atteindre un équilibre fragile, plusieurs médecins et professionnels venus prêter main-forte retournent vers leurs tâches habituelles avec la reprise des activités. Heureusement, le personnel en formation (les 10 000 travailleurs recrutés à la demande du premier ministre Legault) effectuera dans un mois trois jours de formation pratique par semaine dans les résidences et apportera du soutien. Malheureusement, cet apport de main d’oeuvre n’est pas présent les fins de semaine. Dans ce contexte, il demeure important pour la catégorie 4 de continuer d’offrir son soutien et c’est pourquoi beaucoup de travailleurs seront conviés à faire des quarts de fin de semaine.

3) Le SPTSSS demande dans les médias une meilleure protection des travailleurs pour limiter la transmission de la Covid-19

(photo ci-contre: Le Soleil, 4 juin 2020) Si, nous, les travailleurs de la catégorie 4, nous avons à aller dans les CHSLD, c’est à cause de la transmission de la COVID-19, notamment lors des éclosions. Quand 50 à 75 travailleurs attrapent le virus dans un milieu en une semaine et qu’ils doivent être retirés, ça ne prend pas la tête à Papineau pour comprendre que les mesures en place sont insuffisantes. Lors de notre sortie publique, notre présidente, Mme Nicole Cliche, a présenté aux médias une série de propositions pour augmenter les chances de garder le personnel sain et en place. Le Soleil et le Journal de Québec ont couvert le dossier dans la Capitale-Nationale. La nouvelle a été reprise dans les autres journaux de la coopérative nationale de l’information indépendante, soit Gatineau, Sherbrooke, Granby, Trois-Rivières et Saguenay. Parmi nos propositions, on retrouve l’obligation pour tous les employés d’une résidence de porter le masque N95 pendant un minimum de sept jours, et ce, dès les premiers signes d’une éclosion. Pendant cette période, les personnes n’ont pas nécessairement de symptôme et elles sont particulièrement infectieuses. L’attitude de l’employeur, basée sur celle du directeur de la santé publique, consiste à s’entêter à se limiter aux mesures préconisées par l’INSPQ. Einstein soulevait l’importance d’écouter les faits qui contredisent nos connaissances pour les faire évoluer. Rarement n’avons-nous pas vu une démonstration aussi probante du manque d’efficacité d’un outil de protection que celle du masque de procédure lors d’une éclosion dans les CHSLD. L’employeur a une occasion en or d’accorder à nos membres un respect à la hauteur de leur contribution en ciblant des améliorations immédiates des mesures pour limiter la transmission de la COVID. C’est ce que nous attendons sans délai.

4) Négociation nationale: en colère devant l’offre du gouvernement

Ci-contre, caricature de Pascal dans Le Devoir
Lorsque la pandémie nous a frappés et que toutes nos énergies étaient déployées sur le terrain à réorganiser le réseau, à permettre le télétravail, à identifier les mesures de protection pour donner des soins, les syndicats ont proposé de suspendre la négociation. C’est le premier ministre Legault qui a pressé le pas pour que la négociation se poursuive. Or, ce que met sur la table le gouvernement pour nous amener à signer, c’est 5% sur 3 ans. Pas un sou de plus qu’en décembre. C’est inacceptable! Cette offre placerait à nouveau les revenus des travailleuses de la santé en deçà de l’inflation. On continuerait de s’appauvrir, c’est non! De plus, le gouvernement maintient le cap sur des offres grandement différenciées, ce qui n’avantage pas notre catégorie d’emploi. La sensibilité envers les bas salariés - que nous partageons - n’enlève en rien à la légitimité de nos demandes.

5) Le temps est venu pour les travailleurs de la catégorie 4 d’être entendus

Le SPTSSS et la FP-CSN ont commencé à participer à des manifestations pour remettre sur la place publique la réalité et les besoins de tous les titres d’emplois du réseau de la santé. Ces premiers pas seront suivis par d’autres. Si le gouvernement tient à signer, il doit offrir mieux et comme nous ne sommes jamais mieux défendus que par nous même, nous devons progressivement reprendre en main le travail pour nous faire voir et nous faire entendre. Surveillez vos courriels pour participer aux actions qui seront mises de l’avant. Comme il demeure possible que nous procédions à des assemblées et des votes électroniques pendant l’été et que le prérequis pour participer ou voter est le même que traditionnellement, soit celui d’avoir signé sa carte de membre, nous vous invitons à le faire sans tarder!

6) Signez votre carte de membre maintenant pour avoir droit de voter l’éventuelle entente de principe!

Pour exercer son droit de vote en assemblée générale, les membres d’un syndicat doivent avoir signé leur carte. Nous vous invitons à valider en quelques clics dans notre système si vous êtes membre: connectez-vous sur la page du SPTSSS en cliquant au besoin sur « identifiant oublié » et « mot de passe oublié ». Une fois connecté, valider dans la section information s’il est indiqué « oui » à « carte de membre signée ». Pour signer électroniquement votre carte, imprimez et complétez cette page avec un stylo bleu et numérisez-là en couleur. Envoyez ensuite votre courriel à .

7) Les risques du déconfinement

Ci-dessous, un hôpital américain débordé en 1918 par l'épidémie de grippe espagnole qui a fait 30 millions de morts partout sur la planète.
En 1918, lors de l’épidémie de la grippe espagnole, ce n’est pas la première vague qui a causé le plus de décès, mais la seconde, celle qui est survenue à l’automne, suite au déconfinement. Le nombre de décès a alors été multiplié par cinq. Bien entendu, beaucoup de choses ont changé en 100 ans et le virus n’est pas le même, mais force est de constater que nos principales armes sont les mêmes: lavage des mains, distanciation sociale et masque. Que devons-nous retenir de cela? D’abord que le danger n’est pas écarté. La population québécoise a son destin entre ses mains et peut, en ayant en tête la santé de nos aînés et celle des travailleurs du réseau, continuer de jouer de prudence. Ensuite, dans le réseau, nous devons apprendre et éviter de répéter les mêmes erreurs. En particulier, pensons ici à la gestion au jour le jour et centralisée de la liste de rappel qui « patche » des trous et fait voyager notre monde inutilement. Ensuite, les conditions de travail pour attirer et retenir le personnel!

8) CNESST: Attention aux coups de chaleur

En étant appelé à travailler dans des milieux qui ne sont pas familiers pour vous cet été (ex.: CHSLD), vous pourriez être confronté à la chaleur. Sachez d’abord que la température de l’air ambiant où vous travaillez n’est pas le critère unique à considérer pour évaluer le danger de la situation. Selon la CNESST, il faut notamment considérer l’humidité, l’intensité de votre tâche, la quantité de pauses prises, ainsi que la quantité d’eau que vous buvez par heure. Vous pouvez mieux évaluer votre situation en consultant ce document. Vous pouvez demander au gestionnaire du secteur où vous êtes appelé à adapter vos conditions de travail à la chaleur (ex.: augmenter les pauses et l’eau disponible). Si la réponse n’est pas satisfaisante, remplissez un formulaire de Déclaration d’une situation dangereuse (DSD). La chaleur est aussi importante à considérer du point de vue de l’usager. Par exemple, si vos tests sont influencés par la chaleur et que les risques d’erreurs augmentent significativement, vous pouvez remplir le formulaire AH-223. En terminant, prenez note que la gestion de la chaleur se fait sur une période de 24 heures, car le corps accumule et dissipe celle-ci à différents moments de la journée. Le SPTSSS vous invite ainsi à prendre soin de vous en dehors du travail, et ce, qu’il ait fait chaud ou non pendant la journée! Bon été!

L’été dernier, l’infoSPTSSS a pris relâche en juillet et août. Cette année, considérant la situation, nous gardons le loisir de produire un infolettre en juillet ou en août. À suivre!

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